
Les fichiers, quelle que soit leur nature, connaissent (successivement ou dans le désordre), une phase
d'élaboration, et souvent une phase de transmission / communication.
Les relations entre un chat et un chien débutent fréquemment dans une ambiance
tendues. Ennemis héréditaires ... ? Non. L'éthologie donne une explication beaucoup plus pertinente : leurs modes
d'expressions (vocalises, gestuelle, phéromones ...) ont simplement des signification différentes voire
contradictoires - en langage chien et en langage chat. De même, les humains de langue ou de culture différente
éprouvent-ils des difficultés à communiquer, faute de conventions partagées. De plus, qu'il s'agisse d'animaux ou
d'humains, force est de constater que le fait d'être le plus puissant (le plus riche, le plus nombreux ...) ne
constitue pas un critère suffisant pour imposer sans dommage ses propres conventions à l'autre.
Hors sujet, pensez-vous ? Pourtant, si ces principes sont évidents dans les rapports sociaux, on prend seulement
conscience de la même évidence dans le domaine informatique ... Ainsi, la communication par échange de fichier
nécessite un langage commun, un accord sur la façons dont les informations sont organisées au sein du fichier que
l'on souhaite partager. Concrètement, on peut utiliser le format de son choix au stade de l'élaboration de son
travail, mais le résultat ne pourra (ne devrait) être communiqué à un tiers que sous un format ouvert et de
préférence libre et standard.
Les formats :
Nous distinguerons (pas toujours facile, nous le verrons) dans les formats ceux qui sont :
ouverts : dont la documentation est publique ; dans le pire des cas (pas
de logiciel adapté disponible), un développeur pourra toujours lire ou écrire un tel fichier en se basant sur la
documentation.
libres : qui ne sont pas propriété d'entreprises commerciales. Même si le
propriétaire ne demande pas aujourd'hui le versement de droits, l'avenir n'est jamais sûr : le propriétaire du
format jpg l'a laissé se répandre dans une multitude d'appareils (photo numérique) et de logiciels, et fait à
présent, à intervalles réguliers, peser la menace de droits à verser ...! Idem pour le format mp3.
standards : consacrés comme tels par des organismes d'autorité
internationale ou au moins nationale : W3C, ISO (International Standard Organisation), Europe, administration
d'état. C'est la garantie officielle que chacun peut y accéder et doit s'en donner les moyens.
Tous les formats ouverts et libres sont pris en charge par des logiciels libres et gratuits. Les formats
réunissant ces trois qualités n'existent pas encore dans tous les domaines mais le progrès est rapide.
Quelques formats à privilégier :
En bureautique :
on s'est longtemps rabattu faute de mieux - sur des formats qui ne possèdent aucune des qualités requises,
mais sont les plus répandus : ceux de Microsoft (doc, xls, ppt ...). Il existe maintenant une famille de formats
ouverts, libres, et standards créée par le consortium
OASIS :
OpenDocument :
odt : texte (open document text)
ods : tableur (open document sheet)
odp : présentation (open document presentation)
odd : dessin (open document draw)
odb : base de données (open document base).
Ces formats constituent une norme ISO depuis mai 2006 ; ils ne sont pas pris en charge par Microsoft (... qui se
satisfaisait très bien de la situation antérieure), mais le sont par la plupart des autres éditeurs de suites
bureautiques, c'est même le format natif d'OpenOffice et de Koffice.
Dans des domaines inclassables, mais d'usage courant :
pdf
(portable document format) : ouvert, non libre mais utilisables
librement (c'est simple !), standard « de fait », il s'agit
d'un « papier virtuel » : ce format décrit une page telle
qu'elle pourrait être imprimée ; il est indépendant du logiciel et du
système d'exploitation ayant permis la création du document.
zip : pour faire simple encore (!), c'est un format « reposant sur des
spécifications ouvertes » de compression de fichier et accessible avec tout utilitaire de
compression-décompression.
7-z est un format de compression ouvert, libre et plus performant, mais
moins répandu (relativement récent), proposé par le logiciel (libre)
7-zip
.
Pour l'image :
les fichiers sont lourds et la compression est généralement déterminante.
Il n'existe pas de standard officiel, mais un choix acceptable parmi :
png : ouvert, libre et très polyvalent (photo, logos) ; compression non
destructive.
jpg : ouvert, non libre, très adapté et universellement répandu pour la
photo ; la compression est très puissante, mais destructive (la qualité baisse quand la compression augmente, et
c'est irréversible)
gif : ouvert, non libre, à réserver aux images ne présentant que quelques
couleurs tranchées (les couleurs sont « indexées » sur un échantillonnage pauvre)
tif : ouvert, non libre (à vérifier), compression non destructive,
utilisé en imprimerie pour sa gestion complète des couleurs. Il en existe de nombreuses versions pas toujours
compatibles.
L'audio : pas de standard officiel non plus :
wav : ouvert et libre, c'est la simple transcription numérique de
l'onde sonore ... très lourd.
mp3 : ouvert et non-libre, c'est un format compressé plus ou moins
destructeur selon les paramètres
ogg : ouvert et libre, c'est l'équivalent du mp3 avec un meilleur
algorithme de compression (poids égal pour une meilleure qualité, ou poids inférieur pour une même qualité), les
appareils lisant le ogg sont malheureusement moins répandus que ceux lisant le mp3
En video :
la situation est la même avec une complexité largement supérieure du fait que deux types de signaux sont
encodés : la video + l'audio (sur plusieurs pistes). Difficile d'aborder ce sujet d'une façon synthétique.
__________________
Cet article ne prétend pas faire le tour du sujet, mais simplement vous
proposer des bases utiles. Il vous a aidé, vous avez des observations ou des suggestions à formuler, relevé des
inexactitudes ?
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